Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Les STEC sont-ils plus répandus en raison de l’utilisation de promoteur de croissance chez les bovins ?

19
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

Résumé.

cow-faceLes antibiotiques sont couramment utilisés chez les animaux producteurs de denrées alimentaires pour promouvoir la croissance et prévenir les maladies infectieuses. Nous avons étudié les effets des antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins sur la propagation et la diffusion de phages stx codant pour les shigatoxines de Escherichia coli. Une co-culture de E. coli O157:H7 et d’autres E. coli isolés de bovins en présence de concentrations sublétales d’antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins a augmenté de manière significative l’apparition de E. coli producteurs de shigatoxines non-O157 en déclenchant un système de réponse SOS chez E. coli O157:H7. La médiation la plus importante de la transmission de phages stx a été induite par l’oxytétracycline et la chlortétracycline, qui sont couramment utilisés dans l’agriculture. Les antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins peuvent donc contribuer à l’expansion de E. coli producteurs de shigatoxines pathogènes.

Référence. Jong-Chul Kim, Linda Chui, Yang Wang, Jianzhong Shen, and Byeonghwa Jeon. Expansion of Shiga toxin-producing Escherichia coli by use of bovine antibiotic growth promoters. Emerging Infectious Diseases Volume 22, Number 5 – May 2016.

Profil moléculaire de STEC et de EPEC isolés d’environnements côtiers en France

15
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Résumé.

Ecoliarrows_320x175Les souches de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) et de E. coli entéropathogènes (EPEC) peuvent être responsables d’infections d’origine alimentaire chez l’homme. Vingt-huit souches de STEC et 75 souches de EPEC ont été isolé précédemment de crustacés dans des zones françaises de récolte et leurs bassins versants et appartenant à 68 sérotypes distinguables ont été caractérisées dans cette étude. La PCR en temps réel à haut débit a été utilisée pour rechercher chez 75 E. coli la présence de gènes cibles associés à la virulence et des gènes codant pour les shigatoxines (stx) et intimine (eae) et elles ont été sous-typées en utilisant respectivement des tests par PCR et le séquençage de l’ADN. Les résultats ont montré un niveau élevé de diversité entre les souches, avec 17 profils uniques de gènes de virulence pour les STEC et 56 pour les EPEC. Sept souches de STEC et 15 souches de EPEC ont été retrouvés présenter un grand nombre ou une combinaison particulière de marqueurs génétiques de virulence et la présence de variants stx et/ou eae, suggérant leur pathogénicité potentielle chez l’homme. Parmi celle-ci, une souche O26:H11 stx1a eae-β1 a été associée à un grand nombre de gènes associés à la virulence (n = 47), comprenant des gènes hébergeant sur le locus d’effacement des entérocytes (LEE) ou d’autres îlots de pathogénicité, tels que OI-122, OI-71, OI-43/48, OI-50, OI-57, et l’île de haute pathogénicité (HPI). Un souche de STEC O91:H21 contenant variants stx (stx1a, stx2a, stx2c et stx2d) a été retrouvé posséder des gènes associés à la pathogénicité des îlots OI-122, OI-43/48 et OI-15. Parmi les souches EPEC hébergeant des gènes de virulence d’un grand nombre (n, 34 à 50), huit appartenaient au sérotype O26:H11, O103:H2, O103:H25, O145:H28, O157:H7 ou O153:H2.

Importance. L’espèce E. coli comprend une grande variété de souches, dont certaines qui sont responsables d’infections graves. Cette étude, une évaluation moléculaire des risques souches d’évaluation des risques de souches de E. coli isolées à partir de l’environnement côtier, a été conduite afin d’évaluer le risque potentiel pour les consommateurs de coquillages. L’étude décrit la caractérisation des profils des gènes de virulence et les et le polymorphisme des isolats de E. coli stx/eae et souligne clairement que la majorité des souches isolées du milieu côtier sont potentiellement faiblement pathogènes, tandis que d’autres sont susceptibles d’être plus pathogènes.

Référence. Balière C, Rincé A, Delannoy S, Fach P, Gourmelon M. 2016. Molecular profiling of Shiga toxin-producing Escherichia coli and enteropathogenic E. coli strains isolated from French coastal environments. Appl Environ Microbiol 82:3913–3927. doi:10.1128/AEM.00271-16.

STEC isolés de produits laitiers : diversité génétique et profils des gènes de virulence

29
mai
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

Faits saillants.

  • Les STEC analysés ont montré une haute diversité génétique des profils par PFGE.
  • Les STEC issus des produits laitiers et humains ont présenté ≃ des gènes de virulence similaires.
  • Des différences existent pour les fréquences de stx et de nlef pour certaines souches.

E.Coli_STECRésumé.

Les Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) sont largement reconnus comme des pathogènes causant des maladies d’origine alimentaire. Ici, nous évaluons la diversité génétique de 197 souches, principalement des STEC de sérotypes O157:H7, O26:H11, O103:H2, O111:H8 et O145:28 et nous avons comparé des souches récupérées sur des produits laitiers avec des souches provenant de cas humains, de la viande et de l’environnement. A cet effet, nous avons caractérisé un ensemble d’isolats d’une collection de référence de STEC issus de produits laitiers par PFGE et un sous-ensemble de ceux-ci en profilant des gènes de virulence. Les profils électrophorétiques par PFGE de l’ADN restreint des STEC ont montré une variabilité génomique élevée (0,9976 sur l’index discriminatoire de Simpson), permettant à tous les isolats des produits laitiers d’être différenciés. Le screening par PCR en temps réel à haut débit des gènes de virulence des STEC a été réalisé sur les isolats de STEC O157:H7 et O26:H11 de produits laitiers et de cas humains. Les profils de gènes de virulence des produits laitiers et des souches humaines de STEC étaient similaires. Néanmoins, au niveau de la fréquence, stx1 était plus prévalent dans les produits laitiers parmi les isolats de O26:H11 que dans les cas humains (87% contre 44%), tandis que stx2 était plus prévalent chez les isolats humains de O26:H11 (23% contre 81%). Les isolats O157:H7, stx1 (0% contre 39%), nlef (40% contre 94%) et Z6065 (40% contre 100%) étaient plus prévalents chez les humains que chez les souches laitières. Nos données mettent en évidence des différences entre les souches humaines et celles des produits laitiers, mais ces différences ne sont suffisantes pour associer des profils par PFGE et des profils de gènes de virulence à une pathogénicité inférieure putative des souches laitières en fonction de leur plus faible incidence de la maladie. Une comparaison prochaine de l’expression du génome entier et des gènes de virulence devrait être étudiée dans des prélèvements de fromages et du tractus intestinal.

Mots clés. STEC ; génétique ; biodiversité; produits laitiers

Référence. T. Douëllou, S. Delannoy, S. Ganet, P. Mariani-Kurkdjian, P. Fach, E. Loukiadis, Mc. Montela, D. Thevenot-Sergentet. Shiga toxin-producing Escherichia coli strains isolated from dairy products – Genetic diversity and virulence gene profiles. International Journal of Food Microbiology Volume 232, 2 September 2016, Pages 52-62.

NB : La photo est issue du Helmholtz Centre for Infection Research que l’on peut retrouver sur ce lien. © HZI/Manfred Rohde.

Dans les conclusions et perspectives, les auteurs notent :

Cette étude a démontré une diversité génétique très élevée des souches de STEC isolées de produits laitiers. Le profil des gènes de virulence était à même de caractériser leur pathogénicité. Nos données sur les souches laitières pourraient aider les fromagers à tracer les STEC. Aussi nos résultats permettent-ils de mieux informer sur l’évaluation des risques, car notre étude a mis en évidence un certain nombre de différences dans les produits laitiers du profil des gènes de virulence des souches de STEC. Par exemple, les souches de STEC O26:H11 de produits laitiers avec eae, stx1, Z2098, espK, espV, iha et ureD pourraient être considéré comme potentiellement plus virulentes que les souches sans ces marqueurs.

Ces caractérisations ouvrent la voie à l’intégration du profil des gènes de virulence dans les approches d’évaluation des risques. des approches Les approches d’évaluation quantitatives des risques ne tiennent pas compte de la diversité des souches, mais seulement leur niveau via la chaîne du lait, de la production du lait à la fabrication du fromage (Perrin et al., 2015). Cependant, ces approches ont encore besoin d’une meilleure évaluation de la réelle pathogénicité des souches laitières. Une meilleure évaluation comprend non seulement les caractéristiques génétiques des souches de STEC par une comparaison plus approfondie de l’ensemble de leur génome, mais aussi leur capacité à survivre et se multiplier dans des matrices de fromage et de leur capacité à survivre et à se lier aux cellules intestinales de l’hôte. Une enquête plus approfondie devrait se concentrer sur l’expression des gènes métaboliques impliqués dans les gènes de croissance et de virulence lors de l’ingestion.

Effet de la cuisson sur la réduction de E. coli dans des meatballs

15
mai
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

meatball-caseRésumé.

Nous avons étudié les effets de la cuisson en friture ou au four sur l’inactivation de cellules de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) dans des meatballs (boulettes de viande).

Du veau finement haché et/ou un mélange de bœuf et de porc-veau finement haché ont été inoculés (environ 6,5 log UFC/g) avec un cocktail de huit souches, génétiquement marquées de STEC résistantes à la rifampicine (8 STEC : O111:H, O45:H2, O103:H2, O104:H4, O121:H19, O145:NM, O26:H11 et O157:H7). La viande inoculée a été mélangée avec des œufs entiers liquides et de la chapelure assaisonnée, façonnée à la main en boulettes de 40 g et stockées à -20°C (congélation) ou à 4°C (réfrigération) pendant un maximum de 18 heures. Les boulettes de viande ont été frites (huile de canola) ou cuite au four (four à convection) respectivement, pendant un maximum de 9 ou 20 minutes à 176,7°C. Les échantillons cuits et non cuits ont été homogénéisés et étalés sur gélose Mac Conkey sorbitol avec de la rifampicine (100 μg/ml) puis incubés sur boîtes à 37°C pendant environ 24 heures. Jusqu’à quatre essais et trois répétitions pour chaque traitement pour chaque essai ont été effectués.

Les boulettes de viande réfrigérées frites pendant un maximum de 5,5 min ou des boulettes de viande congelées frites pendant 9 minutes ont entraîné des réductions des 8 souches de STEC allant d’environ 0,7 à ≥ 6,1 log UFC/g. De même, des réductions d’environ 0,7 à ≥ 6,1 log UFC/g ont été observées pour les boulettes de viande réfrigérées et congelées qui ont été cuites au four pendant 7,5 à 20 min.

Ce travail fournit de nouvelles informations sur l’effet de la température de stockage (réfrigéré ou congelé), ainsi que la cuisson ultérieure via la friture ou la cuisson sur l’inactivation de 8 STEC dans des boulettes de viande préparées avec du boeuf, du porc, et/ou du veau. Ces résultats aideront à établir des lignes directrices et de meilleures pratiques pour la cuisson des boulettes crues de viande à la fois dans les établissements de restauration commerciale et à la maison.

Référence. Porto-Fett, Anna C. S.; Oliver, Michelle; Daniel, Marciauna; Shoyer, Bradley A.; Stahler, Laura J.; Shane, Laura E.; Kassama, Lamin S.; Jackson-Davis, Armitra; Luchansky, John B. Effect of deep-frying or conventional oven cooking on thermal inactivation of Shiga toxin–producing cells of Escherichia coli in meatballs. Journal of Food Protection®, Number 5, May 2016, pp. 696-889, pp. 723-731(9).

Accroissement des Escherichia coli producteurs de shigatoxines avec l’utilisation d’antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins

24
avr
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Cette étude chinoise vient de paraître dans le dernier numéro de Emerging Infectious Diseases.

Cow-Whisperer-by-Caese1Résumé.

Les antibiotiques sont couramment utilisés chez des animaux producteurs de denrées alimentaires pour promouvoir la croissance et prévenir des maladies infectieuses. Nous avons étudié les effets des antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins (bAGPs ou bovine antibiotic growth promoters) sur la propagation et la diffusion de shigatoxines (Stx) codées par des phages (ou propages –aa) chez Escherichia coli. La co-culture de E. coli O157:H7 et d’autres E. coli isolés chez des bovins en présence de concentrations sublétales de bAGPs a augmenté de manière significative l’apparition de E. coli producteurs de shigatoxines non-O157 en induisant une réponse du système SOS chez E. coli O157:H7. La médiation de la plus importante de la transmission des phages Stx a été induite par l’oxytétracycline et la chlortétracycline, qui sont couramment utilisés en élevage. Les bAGPs peuvent donc contribuer à l’expansion des E. coli pathogènes producteurs de shigatoxines.

Les auteurs terminent leur article en indiquant :

dans cette étude, nous avons démontré que des bAGPs, en particulier la chlortétracycline et l’oxytétracycline, sont impliqués dans la diversification des sérotypes O de E. coli stx-positif en facilitant le transfert horizontal des phages Stx même à des concentrations sensiblement faibles. Ainsi, l’utilisation de ces agents pourrait conduire à l’émergence de E. coli pathogènes.

NB : Rappelons que l’utilisation des antibiotiques comme promoteurs de croissance est bannie en Europe depuis janvier 2006.