Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Accroissement des Escherichia coli producteurs de shigatoxines avec l’utilisation d’antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins

24
avr
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Cette étude chinoise vient de paraître dans le dernier numéro de Emerging Infectious Diseases.

Cow-Whisperer-by-Caese1Résumé.

Les antibiotiques sont couramment utilisés chez des animaux producteurs de denrées alimentaires pour promouvoir la croissance et prévenir des maladies infectieuses. Nous avons étudié les effets des antibiotiques promoteurs de croissance chez les bovins (bAGPs ou bovine antibiotic growth promoters) sur la propagation et la diffusion de shigatoxines (Stx) codées par des phages (ou propages –aa) chez Escherichia coli. La co-culture de E. coli O157:H7 et d’autres E. coli isolés chez des bovins en présence de concentrations sublétales de bAGPs a augmenté de manière significative l’apparition de E. coli producteurs de shigatoxines non-O157 en induisant une réponse du système SOS chez E. coli O157:H7. La médiation de la plus importante de la transmission des phages Stx a été induite par l’oxytétracycline et la chlortétracycline, qui sont couramment utilisés en élevage. Les bAGPs peuvent donc contribuer à l’expansion des E. coli pathogènes producteurs de shigatoxines.

Les auteurs terminent leur article en indiquant :

dans cette étude, nous avons démontré que des bAGPs, en particulier la chlortétracycline et l’oxytétracycline, sont impliqués dans la diversification des sérotypes O de E. coli stx-positif en facilitant le transfert horizontal des phages Stx même à des concentrations sensiblement faibles. Ainsi, l’utilisation de ces agents pourrait conduire à l’émergence de E. coli pathogènes.

NB : Rappelons que l’utilisation des antibiotiques comme promoteurs de croissance est bannie en Europe depuis janvier 2006.

Évaluation rapide et conjointe par l’ECDC et l’EFSA du foyer épidémique transnational d’infection à la bactérie Escherichia coli productrice de Shiga-toxine associée au syndrome hémolytique et urémique en Roumanie et en Italie

8
avr
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lait, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

nhsggc_news_Ecoli_large« Évaluation rapide et conjointe par l’ECDC et l’EFSA du foyer épidémique transnational d’infection à la bactérie Escherichia coli productrice de Shiga-toxine associée au syndrome hémolytique et urémique en Roumanie et en Italie ». Source communiqué du 6 avril de l’EFSA.

Il s’agit d’un communiqué tout en nuances de l’EFSA et de l’ECDC afin de ne pas froisser la susceptibilité de la Roumanie et son piètre niveau de santé publique.

ooOOoo

Un foyer épidémique à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxine (STEC) associé à un syndrome hémolytique et urémique (SHU) affectant principalement de jeunes enfants a été signalé en février et en mars en Roumanie. L’Italie a signalé un cas de SHU présentant un lien épidémiologique avec la Roumanie le 21 mars 2016. En tout, 25 cas ont été identifiés comme étant associés à ce foyer épidémique survenu dans plusieurs pays, dont 19 ont développé un SHU, parmi lesquels 3 sont décédés.

Les informations recueillies auprès des patients pointent vers une exploitation de transformation du lait en Roumanie comme source possible de l’infection. Plusieurs souches de STEC  ont été identifiées à ce jour, et il est possible que des sources différentes de contamination aient contribué à l’éclosion de ce foyer épidémique.

Le rappel des produits alimentaires suspectés a été entrepris par les autorités de sécurité alimentaire en Roumanie, en Italie et par d’autres pays qui ont importé des aliments suspects. Toutefois, les produits potentiellement contaminés pourraient encore être présents chez les consommateurs. Puisque la source précise de la contamination n’a pas encore été identifiée, des cas éventuellement liés à ce foyer épidémique sont susceptibles de se présenter en Roumanie et dans les pays de l’UE où les produits alimentaires impliqués ont été distribués.

Afin de minimiser la propagation ultérieure de l’infection et d’enquêter sans délai sur d’éventuels nouveaux cas, l’ECDC et l’EFSA recommandent aux États membres de l’UE d’envisager de renforcer la surveillance des cas de SHU et de STEC. En outre, si de nouveaux cas potentiellement liés à ce foyer épidémique étaient identifiés, ils devraient être signalés au système d’information et de renseignement sur les épidémies pour les maladies d’origine alimentaire et hydrique (EPIS-FWD).

Le document intégral est : Multi-country outbreak of Shiga toxin-producing Escherichia coli infection associated with haemolytic uraemic syndrome.

NB : Cela fait suite à une éclosion en Roumanie et en Italie, le blog en avait parlé, 1 et 2. Rappelons aussi qu’une alerte a été notifiée au RASFF par l’Italie le 16 mars 206, référence 2016.0312, pour la présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (présomption de O26 vtx1+, vtx2+, eae+) dans du fromage de vache de Roumanie. Distribution Belgique, Espagne, Italie, France, Allemagne, Roumanie. On n’a pas eu d’informations sur l’éventualité d’une distribution en France, mais c’est souvent comme cela. Une étude préliminaire a été publiée dans la revue en ligne Eurosurveillance, dont j’extrais la conclusion tout en subtilités, car un agent causal, un fromage, n’est pas cité dans le résumé ci-dessus.

Ceci est un rappel brutal que STEC peut causer des infections avec des complications graves, en particulier chez les jeunes enfants. La détection des épidémies en l’absence de systèmes de surveillance sensibles et en temps opportun peut être difficile, en particulier si les capacités des laboratoires locaux ne sont pas optimales. Améliorer les capacités de diagnostic des laboratoires locaux et effectuer une surveillance des SHU non spécifiques chez les enfants doit être considérée comme une priorité de santé publique pour éviter que cela ne se reproduise. On ne sait pas encore quand cette épidémie a commencé, et ni les véhicules et ni la source de contamination n’ont été identifiés. Cependant, après la suspicion initiale, les enquêtes ont confirmé l’épidémie et son agent causal. Ceci est un exemple de bonne collaboration entre les pays de l’UE en termes de fourniture d’un soutien de services de laboratoire et de conseils d’experts et l’ECDC, en fournissant le déploiement d’experts et de soutien.

L’affaire a eu aussi des relents politiques en Roumanie, car l’actuel président de Roumanie est l’ancien commissaire européen à l’agriculture, mais là, on s’écarte du sujet …

A propos de la formation de biofilm par des STEC non-O157

30
mar
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Résumé.

Industry-and-governments-blast-US-plans-to-ban-non-0157-E.coli_medium_vgaLes objectifs de cette étude étaient de caractériser le phénotype et le génotype de 36 souches de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) non-O157 isolées de l’homme, d’ovins ou de bovins, dont les 6 sérotypes les plus connus (O26, O45, O103, O111, O121 et O145) et trois autres sérotypes impliqués dans des maladies graves (O91, O113 et O128). Les biofilms ont été formés par toutes les souches allant de biofilms intermédiaires à des biofilms forts (n = 24) plus facilement à 22°C qu’à 37°C (p < 0,001) et à 48 et 72 heures (p < 0,001) plutôt qu’au bout de 24 heures de temps d’incubation. Le potentiel de formation du biofilm différait par le sérotype et l’origine avec O113 et des souches humaines présentant le potentiel le plus élevé (p < 0,001). Les gènes associés à la formation du biofilm, csgA/csgD/crl/fimH (100%), flu (94%), rpoS (92%), ehaAα (89%), et cah (72%), ont été les plus répandus, tandis que mlrA (22 %) et ehaAβ (14%) étaient moins fréquents, mais il n’y avait pas de relation claire des gènes associés à des souches présentant la plus grande capacité de formation du biofilm. Parmi les 12 gènes de virulence ciblés, iha et ehxA étaient présents chez 92% des souches. La présence de stx1 dans les 6 sérotypes les plus connus (8/12, 67%) ne différait pas (p = 0,8) d’autres sérotypes (17/24, 71%), mais stx2 était moins probable (intervalle de confiance [IC] = 0,14 -1,12; p = 0,04) dans les premiers (9/24, 38%) que dans les derniers (9/12, 75%). En dehors des sérotypes, O91 et O121, au moins une souche par sérotype était résistante entre trois et six antibiotiques. Streptomycine (31%), sulfisoxazole (31%) et aux tétracyclines (25%) la résistance était plus courante et était de 35-50% moins susceptibles (p < 0,05) chez les souches humaines que les souches animales. Toutes les souches STEC non-O157 ont pu former des biofilms sur une surface abiotique, avec une certaine résistance à plusieurs antimicrobiens. Le potentiel de réservoir de gènes de résistance aux antimicrobiens peut être un autre danger des biofilms dans les usines de transformation des aliments. En conséquence, les futures stratégies de lutte contre ces pathogènes peuvent comprendre des mesures pour prévenir les biofilms.

Référence. Wang Jiaying, Stanford Kim, McAllister Tim A., Johnson Roger P., Chen Jinding, Hou Hongman, Zhang Gongliang, and Niu Yan D. Biofilm Formation, Virulence Gene Profiles, and Antimicrobial Resistance of Nine Serogroups of Non-O157 Shiga Toxin-Producing Escherichia coli. Foodborne Pathogens and Disease. March 2016.

A propos de l’assemblage de la Shigatoxine

25
mar
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Shigatoxine : aucun préassemblage n’est nécessaire », source mBiosphere.

6a0133ec8b9631970b01b7c829252a970b-320wiFaire quelque chose nécessite des pièces en connexion dans un ordre particulier. Faire une pâte à gâteau : les ingrédients secs doivent être mélangés avant d’ajouter les ingrédients humides. Puzzle : beaucoup plus facile si les éléments de bordure sont assemblés en premier. De même, l’ordre des interactions biologiques au niveau moléculaire peut déterminer si un complexe a la structure correcte ou une activité pour sa fonction : la traduction est un exemple simple. Si des petites et grandes sous-unités ribosomiques formées avant d’interagir avec un ARNm, il n’y aurait pas de message pour rechercher des instructions à l’incorporation d’acides aminés dans les protéines.

6a0133ec8b9631970b01b7c829247a970b-300wiL’ordre moléculaire des événements est important dans la virulence, aussi, et un nouvel article publié dans le Journal of Bacteriology regarde l’ordre des événements nécessaires à la livraison de la toxine bactérienne à une cellule hôte. Plus précisément, les auteurs ont examiné l’ensemble de la shigatoxine, produite par Shigella dysenteriae et E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), comprenant les E. coli entérohémorragiques et l’infâme E. coli de sérotype O157:H7. La Shigatoxine est une toxine AB5 qui utilise un pentamère des sous-unités B pour servir d’intermédiaire à la translocation de la sous-unité A dans les cellules hôtes, où la sous-unité peut avoir ses effets toxiques (voir le schéma, à gauche).

Comme il y a six sous-unités impliquées au total, la partie 5 de la sous-unité du pentamère B et la seule sous-unité 1, le premier auteur Christine Pellino, en collaboration avec l’auteur principal Alison Weiss, ont voulu étudier comment l’assemblage pourrait influencer l’internalisation de la toxine. Alors que certaines toxines AB, comme la toxine de l’anthrax, peuvent se réunir au niveau du récepteur cellulaire, des toxines AB5, comme la toxine du choléra, sont sécrétées par la cellule bactérienne complètement assemblée. Contrairement à d’autres bactéries productrices de toxines AB5, la Shigatoxine est libérée lorsque les cellules bactérienne sont lysées, ce qui suggère que son assemblage peut différer aussi.

6a0133ec8b9631970b01bb08cdbe16970d-300wiLes auteurs ont voulu analyser si l’assemblage de la Shigatoxine avait eu lieu avant ou après que l’unité B se soit liée à son récepteur, globotriaosylcéramide (Gb3). Les chercheurs ont d’abord déterminé que seulement 1% de la toxine totale libérée a été préassemblée aux 72 kDa attendus. Des monomères des sous-unités A et B ont été incubés, puis centrifugés à travers un filtre d’exclusion de taille. Ici, seule la toxine non assemblée pouvait passer au travers ; en raison de sa grande taille, la toxine assemblée a été retenue au-dessus du filtre (voir schéma, à droite). Environ la moitié de la toxine qui est passée au travers du filtre, était non assemblée. Ce résultat diffère des monomères incubés de la toxine du choléra, qui sont entièrement assemblés et n’ont aucun composant de toxine qui passe au travers du filtre comme des monomères.

Pour tester si l’assemblage affecte la toxicité, les chercheurs ont ensuite testé les toxines assemblées et non-assemblées pour connaître leur activité chez la souris. Toutes les souris qui ont injectées avec la Shigatoxine ont perdu du poids, mais celles qui ont reçues de la toxine non-assemblée ont perdu plus de poids que celles avec la toxine assemblée. Toutes les 12 souris traitées par la toxine non assemblée ont totalement succombé à l’activité de la toxine, alors que seulement la moitié des 12 souris traitées par la toxine assemblée sont mortes. A partir de cela, les auteurs ont conclu que le préassemblage de la Shigatoxine n’est pas nécessaire pour la toxicité, différenciant la Shigatoxine  des toxines AB5, comme la toxine du choléra. Ils ont en outre montré que les sous-unités de toxine, injectés séparément dans différents endroits d’une souris, pourraient s’assembler in vivo pour provoquer une toxicité.

6a0133ec8b9631970b01bb08cdbfe2970d-300wiPourquoi l’ordre d’assemblage pose-t-il question ? Les bactéries qui produisent des Shigatoxines (et des Shiga-like toxines) provoquent des maladies graves, avec une diarrhée sanglante et un syndrome hémolytique et urémique, un type d’insuffisance rénale qui est particulièrement dangereux chez les jeunes enfants. Environ 265 000 infections à STEC se produisent chaque année aux États-Unis, et des complications graves surviennent chez environ 10% de celles-ci. L’utilisation des antibiotiques pour traiter l’infection est controversée, parce qu’ils peuvent limiter la croissance bactérienne, mais ils peuvent également augmenter la production de toxines. Interrompre l’assemblage de la toxine peut aider à soulager les symptômes de la maladie pour une maladie qui consiste actuellement en thérapie de soutien.

Les scientifiques ont testé cette dernière idée en ajoutant seulement un peptide de la sous-unité A, le peptide A2. L’interaction de ce peptide avec les sous-unités B permet l’assemblage de la toxine et l’internalisation, mais élimine l’activité enzymatique toxique de la sous-unité A. Lorsqu’il est injecté à des souris, le peptide A2 protégent les souris contre les injections de toxine létale, ce qui démontre une application clinique potentielle immédiate de ces résultats passionnants de la recherche fondamentale.

Les résultats préliminaires d’une éclosion à E. coli O26 en Roumanie sont publiés

19
mar
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lait, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« Les résultats préliminaires d’une éclosion à E. coli en Roumanie sont publiés », source Food Safety Watch du 18 mars 2016.

nhsggc_news_Ecoli_largeL’agence de santé publique en Roumanie et des instituts dans d’autres pays de l’UE ont publié un rapport conjoint détaillant les premiers résultats d’une investigation sur une éclosion de syndrome hémolytique et urémique (SHU) causée par E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) dans le sud du pays.

En date du 29 février, 15 cas de SHU ont été rapprtés chez les enfants âgés de cinq à 38 mois, trois décès ont été enregistrés. La plupart des personnes touchées venaient du district d’Arges. Six des cas analysés étaient positif pour E. coli O26 par sérologie.

L’enquête sur l’éclosion a d’abord indiqué que des fruits et des légumes, de la viande et des produits laitiers étaient parmi les alimentaires courants responsables de l‘exposition possible. Puis le 4 mars, des prélèvements de fromage réalisés à partir d’une installation de transformation des produits laitiers à Arges au cours d’une investigation environnementale ont été retrouvés positif pour les gènes produisant les toxines shiga et E. coli O26 a été isolé à partir d’un prélèvement de fromage à pâte molle du même établissement.

Le 5 mars, l’installation a arrêté la production, a rappelé les produits suspects du marché et a fermé en attendant les résultats d’autres investigations. L’Autorité de la sécurité des aliments de Roumanie est en train de réaliser la traçabilité de la distribution des produits laitiers à partir du site et a découvert que certains ont pu être exportés vers d’autres pays européens. L’étude est publiée intégralement dans la revue en ligne Eurosurveillance.

NB : Une alerte a été notifiée au RASFF par l’Italie le 16 mars 206, référence 2016.0312, présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (présomption de O26 vtx1+, vtx2+, eae+) dans du fromage de vache de Roumanie. Distribution Italie, France, Allemagne, Roumanie. Le blog en avait déjà parlé ici.

A suivre …