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STEC et végétaux consommés crus en France

8
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Deux récents articles avaient traités du sujet de la contamination des fruits et des légumes frais, Retour sur les bactéries présentes sur les fruits et les légumes et Les bactéries présentes sur les fruits et les légumes frais varient-elles selon le type de fruits et de légumes et les pratiques agricoles ?

5909440-woman-washing-vegetables-in-kitchen-close-upVoici que la DGCCRF nous informe, si l’on peut dire, tant son communiqué du 8 avril 2013 est minimaliste, à moins que cela ne soit l‘étude elle-même, ou les deux. Jugez plutôt …

Il s’agit d’une « étude » sur les « Végétaux consommés crus : la DGCCRF reste vigilante ».

À la suite des épidémies de syndrome hémolytique urémique (SHU) intervenues en Allemagne et en France du fait de la contamination de graines germées par des bactéries E. coli, la DGCCRF a mené une enquête sur des végétaux pouvant se consommer crus.
Dans ce cadre, 36 prélèvements de tomates, carottes et choux-fleurs frais ont été réalisés aux stades de la première mise sur le marché (coopératives, centres de conditionnement, importateurs) et de la distribution (commerces de détail, grandes et moyennes surfaces, marchés, commerces bio, etc.) afin de détecter l’éventuelle présence de la bactérie.
Cinq prélèvements de graines germées, choux rouges, endives et mélange de petits pois, betterave et poireau ont également été analysés.
Aucune bactérie E. coli STEC n’a été décelée par le laboratoire de Lyon Oullins qui a réalisé les analyses des 41 prélèvements.

Il s’agit donc de la recherche de STEC ou Escherichia coli producteurs de shigatoxines qui est absente sur ces 41 prélèvements. Mais vu le nombre de prélèvements que peut-on conclure ? 

NB : J'ai appris au moins une chose que l'on pouvait consommer des poireaux crus. Des recettes me disent que le poireau cru est inhabituel et le plus souvent, il doit être cuit, mais bon, si la DGCCRF est vigilante …

Le biofilm comme environnement favorable à la dissémination de gènes stx par transduction

25
jan
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

Résumé.

La dissémination de phages qui portent des gènes stx codant pour la shigatoxine est le mécanisme le plus probable de la propagation de gènes codant pour stx et l'émergence de nouveaux Escherichia coli producteurs de stx (STEC). Le biofilm a été rapporté comme étant un lieu où le transfert horizontal de gènes par des plasmides de conjugaison et la transformation de l'ADN peuent se produire, et dans cette étude, le transfert horizontal de gènes par transduction a été démontré. Le transfert de phages qui portent le gène stx vers des E. coli potentiellement pathogènes dans biofilm a été observé à la fois à 20°C et 37°C. Les taux d'infection sont plus élevés à 37°C qu'à 20°C. A notre connaissance, cette étude est la première à montrer un transfert latéral de gènes dans un biofilm par un phage tempéré. L'étude montre que l'environnement du biofilm peut être adapté à des événements de transduction et peut ainsi être un environnement propice à l'émergence de nouveaux E. coli pathogènes.

Source Solheim HT, Sekse C, Urdahl AM, Wasteson Y, Nesse LL. Biofilm as an Environment for Dissemination of stx Genes by Transduction. Appl Environ Microbiol. 2013 Feb;79(3):896-900. doi: 10.1128/AEM.03512-12. Epub 2012 Nov 26.

Eclosion à E. coli producteurs de vérotoxines avec un surprenant risque élevé de syndrome hémolytique et urémique au Danemark

11
jan
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

Il est rapporté dans cet article récent d'EuroSurveillance une éclosion à E. coli producteurs de vérotoxines avec un surprenant risque élevé de syndrome hémolytique et urémique au Danemark.

Résumé.

Le Danemark a fait face à une éclosion à E. coli producteur de vérotoxines (VTEC) O157:H7 à l'automne 2012. Treize cas ont été diagnostiqués dont huit avaient un syndrome hémolytique et urémique (SHU). L’enquête épidémiologique a suggéré la viande hachée bovine comme véhicule de l'éclosion. La souche épidémique avait un profil rare de sous-groupes de gènes codant pour les toxines : eae, vtx1a et vtx2a et une forte proportion de SHU (62%) parmi les cas, un résultat précédemment lié avec le profil du sous-groupe de l’éclosion. Le sous-groupage des toxines peut être utile pour identifier les souches de VTEC à haut risque.

Discussion

L’éclosion actuelle représente la première épidémie d'origine alimentaire d'un VTEC O157 très virulent au Danemark. Le sous-typage des gènes de la toxine a permis l'identification rapide et la classification des cas. En outre, le sous-typage de la toxine était d'intérêt pour l'évaluation globale des risques. La combinaison de vtx1a et vtx2a dans le profil toxique de la souche de l'éclosion est rare et semble être associée à un risque élevé d'évolution vers un SHU comme l'indiquent également des souches VTEC O157 sous-groupées antérieurement. Ceci souligne qu'au sein du groupe VTEC O157, il y a une diversité des souches ayant un potentiel différent de causer un SHU.
Comme substitut à une enquête épidémiologique analytique, nous avons comparé l'exposition des cas à de la viande hachée bovine avec une exposition similaire dans une récente épidémie de salmonellose. Cette comparaison cas-cas suggère que plus de familles que prévues avaient consommé de la viande hachée bovine dans l’éclosion actuelle. En outre, ces familles l’avaient préparé d'une manière qui a permis à une partie de la viande bovine de rester non cuite. Ceci suggère que cette éclosion a été causée par de la viande hachée bovine, une source fréquente d'éclosions à VTEC. La viande hachée bovine a une durée de vie courte (sept jours), ce qui peut avoir limité l'ampleur de cette éclosion. Si le véhicule de l'éclosion avait été un aliment avec une durée de vie plus longue, l'impact sur la santé publique de cette éclosion à VTEC à risque élevé de SHU aurait pu être beaucoup plus grande.
Sur la base des conclusions de cette épidémie nous suggérons de réaliser sous-typage des toxines en cas d'éclosions similaires afin d'identifier rapidement les souches de VTEC à risque élevé et faciliter ainsi l'évaluation des risques de l'éclosion.

Source Soborg B, Lassen SG, Müller L, Jensen T, Ethelberg S, Mølbak K, Scheutz F. A verocytotoxin-producing E. coli outbreak with a surprisingly high risk of haemolytic uraemic syndrome, Denmark, September-October.

Sur de sujet, on pourra lire un article de l’Anses, E. coli producteurs de shigatoxines (STEC): définitions, virulence et propriétés des souches entérohémorragiques (EHEC)

De la détection des STEC O157 et des STEC non O157

2
jan
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

Food Production Daily du 2 janvier 2013 rapporte qu’un nouveau système de PCR en temps réel (PCR pour Polymerase Chain Reaction) propose une « méthode prometteuse » pour rechercher E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) dans des prélèvements d’aliments, selon le Département américain de l'Agriculture (USDA). Vous pourrez lire l’article dans le site précité ci-dessus sachant que celui-ci est protégé en raison du copyright.

Cela étant, vous trouverez ci-dessous un résumé de l’article original, « Détection Escherichia coli producteurs de shigatoxines dans de la viande hachée bovine en utilisant le système de PCR en temps réel de GeneDisc. »

Résumé.

Escherichia coli O157:H7 et certains sérogroupes de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) non-O157 sont apparus comme une menace importante pour la santé publique. Le développement de méthodes rapide et fiable de détection de ce groupe hétérogène de pathogènes a été difficile. L’essai par PCR en temps réel GeneDisc a été évalué pour la détection des gènes stx1, stx2, eae, et ehxA et un gène qui détermine le sérogroupe O157 suivi d'un second essai GeneDisc qui cible les gènes spécifiques des sérogroupe de STEC O26, O45, O91, O103, O111, O113, O121, O145 et O157. La capacité à détecter les sérogroupes de STEC dans des échantillons de viande hachée bovine inoculée artificiellement à un niveau d’environ 2-20 ufc/25 g et soumis à un enrichissement en mTSB ou eau peptonée tamponnée a été similaire. Après enrichissement, tous les échantillons de viande hachée bovine inoculés ont montré une amplification de l'ensemble des gènes ciblés portés par chaque souche. Les échantillons inoculés avec des sérogroupes de STEC O26, O45, O103, O111, O121, O145, O157 et ont été soumis à une séparation immunomagnétique, et l'isolement a été réalisé sur gélose Rainbow O157. Les colonies ont été confirmées par PCR ciblant stx1, stx2, eae et les sérogroupes des gènes spécifiques. Ainsi, ces travaux ont démontré que les essais GeneDisc sont rapides, sensibles et fiables et peuvent être utilisées pour le screening la viande hachée bovine et d’autres aliments pour des  sérogroupes de STEC pour qui sont d’importants pathogènes d'origine alimentaire dans le monde.

Source Fratamico PM and Bagi LK (2012) Detection of Shiga toxin-producing Escherichia coli in ground beef using the GeneDisc real-time PCR system. Front. Cell. Inf. Microbio.2:152. doi: 10.3389/fcimb.2012.00152. L’article est disponible intégralement et gratuitement.

STEC dans la viande bovine, les bons conseils du Canada et de la France

2
jan
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

L’article ci-après a été publié par James Marsden sur son blog Safety Zone le 31 décembre 2012, « Good Advice from the Canadian Food Inspection Agency » ou « Les bons conseils de l'Agence canadienne d'inspection des aliments ».

La semaine dernière, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a publié un communiqué au sujet de son enquête sur des cas groupés de maladie et du rappel de produits qui en a résulté, ce qui démontre une remarquable retenue et de la raison. Il contient également de très bons conseils pour les consommateurs.

L'enquête fait suite à une grappe de cas de maladie à E. coli liés de la viande hachée crue fabriquée par Cardinal Meats Specialist Ltd.

Les responsables canadiens de la sécurité des aliments ont confronté l'empreinte génétique de E. coli isolés de malades avec celle du produit rappelé sur un jour de production. Un rappel limité a suivi qui a compris la production pendant quatre jours.

Cardinal Meats, comme la plupart des fabricants de viande hachée bovine exige de ses fournisseurs de matières premières une analyse pour E. coli O157:H7 et l’entreprise réalise ses propres analyses de vérification. Les responsables du gouvernement canadien ont évalué les procédures de sécurité des aliments de l'entreprise les enregistrements de production et d‘analyses et ont également effectué des analyses supplémentaires sur les épices et les autres ingrédients de la viande hachée. Ils ont déterminé que tous les produits de viande bovine et les ingrédients de la viande analysés étaient négatifs pour E. coli O157:H7. « Puisque toutes les pistes d'enquête ont été épuisées, l'enquête de l'ACIA n'ira pas plus loin. »

Cette éclosion et ce rappel sont un peu comme de nombreux autres qui ont eu lieu au cours de ces dernières années aux États-Unis. La vérité est que les fabricants de viande hachée bovine sont très dépendants de leurs fournisseurs de matières premières quand il s'agit de maîtriser E. coli O157:H7. Cela montre également que même un plan solide d’échantillonnage des matières premières et des analyses ne garantissent pas que la contamination par E. coli soit toujours prévenue.

Ce qui rend ce cas remarquable est le fait que l'ACIA ait reconnu que l'entreprise impliquée dans le rappel a fait tous les efforts pour produire le produit le plus sûr possible. Dans leur communiqué de presse, il est dit que « le Canada applique des exigences rigoureuses à la production de viande afin de réduire les risques liés à E. coli, même les meilleurs systèmes de salubrité des aliments ne peuvent éliminer complètement le risque de contamination. » C'est la première fois que j'entends une agence chargée de la réglementation reconnaître cette vérité fondamentale.

Leur communiqué se poursuit en disant : « C'est pourquoi il est essentiel que les consommateurs prennent des mesures simples afin d'assurer la salubrité de leurs aliments. Par exemple, la cuisson du boeuf haché à au moins 71°C détruit complètement la bactérie E. coli. De plus, les consommateurs peuvent prévenir la contamination des autres aliments en nettoyant les surfaces et les ustensiles de cuisson avec du savon et de l'eau après qu'ils soient entrés en contact avec du boeuf cru. »

Encore une fois, le communiqué est impressionnant d’honnêteté et de bons conseils pour les consommateurs.

Quiconque qui suit ce blog sait que je suis déterminé à trouver une vraie solution au problème de E. coli O157:H7 et des STEC non O157 dans la viande bovine. La cuisson seule n'est pas la réponse.

Beaucoup plus encore doit être fait par l'industrie de la viande bovine pour atteindre cet objectif. Cependant, il est rafraîchissant de voir une agence chargée de la réglementation éviter de critiquer une entreprise pour un problème qui n'était pas de leur fait et d'avoir le courage de dire la vérité aux consommateurs au sujet de la contamination par E. coli et comment ils peuvent, aider à réduire le risque de maladie.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments mérite beaucoup de crédit pour leur honnêteté et le professionnalisme avec lequel elle a réussi le rappel et l'enquête.

À propos du Dr. James L. Marsden. Jim est Regent’s Distinguished Professor en sécurité des aliments à l’Université de l’Etat du Kansas et le conseiller scientifique senior de la North American Meat Processors Association. Il est l’ancien président de l’American Meat Institute Foundation à Washington DC et lauréat de l’Université de l’Etat de l’Oklahoma.

ooOOoo

Plusieurs articles récents sur ce blog avaient critiqué la gestion par l’ACIA de rappel ou de problèmes de sécurité des aliments, voir 1, 2 et 3. Pour autant, je suis d’accord avec l’article de Jim Marsden.

En France, on nous dit globalement la même chose ou presque [voir Surveillance des E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) dans les denrées alimentaires en France (2005-2011)], « Le plan d’autocontrôles défini par un exploitant doit donc s’intégrer dans une démarche préventive de la maîtrise de la sécurité sanitaire et de la salubrité des denrées qu’il produit, et ne doit pas se limiter à des contrôles a posteriori sur les produits finis. La prise en compte des contaminations par les STEC dans le cadre du plan de maîtrise sanitaire des producteurs de la chaîne alimentaire relève de cette démarche. Néanmoins, compte tenu de la faible fréquence de contamination par des souches STEC pathogènes et des limites de détection des plans d’échantillonnage, la gestion des contaminations détectées dans le cadre des autocontrôles a pour principal objectif de limiter le risque d’apparition d’épidémies ; elle ne permettra pas de gérer les contaminations plus faibles à l’origine de cas sporadiques. »

Je ne sais pas si l’on fait confiance aux industriels de la viande, en tout cas, on semble vouloir beaucoup compter sur « le rapprochement des données des autocontrôles et des données des plans de surveillance et de contrôle ». Voir La surveillance des STEC dans les aliments en France compte sur l’observatoire de l’alimentation.

Autre aspect maintes fois répété sur ce blog, la question de la température de cuisson divise toujours autant, industriels, organisations professionnelles et services réglementaires. Cela étant, comme le rappelle Jim Marsden, « La cuisson seule n'est pas la réponse. »