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Impact épidémiologique, microbiologique et clinique des Escherichia coli producteurs de shigatoxines en Angleterre, 2009-2012

26
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Le 18 octobre 2015, je vous proposais un article sur la « Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2014 ». Voici maintenant un article sur l’impact épidémiologique, microbiologique et clinique des Escherichia coli producteurs de shigatoxines en Angleterre, 2009-2012, source Doug Powell du barfblog du 26 octobre 2015.

Ecoliarrows_320x175Résumé.

Entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012 en Angleterre, un total de 3717 cas ont été rapportés avec des preuves d’une infection à E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), et l’incidence brute* de l’infection à STEC était de 1,80/100 000 personnes-années.

L’incidence était la plus élevée chez les enfants âgés de 1-4 ans (7,63/100 000 personnes-années). Les femmes ont eu une incidence plus élevée à STEC que les hommes [rapport des taux (RR) 1,24, P < 0, 001], et les groupes ethniques blancs eu une incidence plus élevée que les groupes ethniques non blancs (RR 1,43, P < 0, 001). La progression du syndrome hémolytique et urémique (SHU) était plus fréquente chez les femmes et les enfants. Les souches de STEC non-O157 ont été associées à des taux d’hospitalisation et de SHU plus élevés qu’avec les souches STEC O157.

Dans les cas de STEC O157, le lysotype (PT) 21/28, principalement acquis localement, a été également associé à une maladie plus grave que les autres PTs, comme l’étaient les souches codant pour le gènes stx2.

L’incidence des STEC était plus de quatre fois plus élevée chez les personnes résidant dans des zones rurales que dans les zones urbaines (RR 4,39, P < 0,001). L’exposition à l’élevage et/ou leurs excréments a été rapportée deux fois plus souvent dans les cas vivant dans des zones rurales que les zones urbaines (P < 0,001). Le contact environnement/animal reste un facteur de risque important pour la transmission des STEC et est un moteur important du fardeau de l’infection sporadique à STEC.

Le sérotype de STEC le plus souvent détecté en Angleterre était O157. Cependant, un biais dans les méthodes d’analyse entraîne une sous-détermination des infections non quantifiables à STEC non-O157. La mise en œuvre de méthodes de diagnostic basées sur la PCR conçues pour détecter tous les STEC, afin de combler ce déficit de diagnostic, est donc importante.

Référence. L. Byrne, C. Jenkins, N. Launders, R. Elson and G. K. Adak. The epidemiology, microbiology and clinical impact of Shiga toxin-producing Escherichia coli in England, 2009–2012. Epidemiology and Infection / Volume 143 / Issue 16 / December 2015, pp 3475-3487.

*L’incidence brute correspond au nombre de nouveaux cas survenant durant une période et dans une population considérées. S’exprime en nombre ou en taux, la période considérée étant généralement l’année. Le taux d’incidence brute est le nombre de cas divisé par le nombre de personnes-années d’observation de cette population. Ce taux est souvent estimé en divisant le nombre de cas survenant dans l’année par la taille de la population observée en milieu de l’année.

Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2014

18
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Ecoliarrows_320x175L’InVS a publié les résultats de la « Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2014 ».

Les Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC), également dénommés E. coli producteurs de Shiga-toxines (STEC), sont responsables de manifestations cliniques variées : diarrhée simple ou sanglante, colite hémorragique, pouvant se compliquer d’un syndrome hémolytique et urémique (SHU).

Le SHU touche particulièrement les jeunes enfants et représente la principale cause d’insuffisance rénale aiguë chez l’enfant de moins de 3 ans. Dans la littérature, la létalité du SHU varie de 3 à 5 %, 1% selon les données de surveillance françaises, et plus d’un tiers des malades conservent des séquelles rénales à long terme.

En France, la recherche des EHEC dans les selles n’étant pas effectuée en routine dans les laboratoires d’analyses médicales, la surveillance des infections à EHEC est basée depuis 1996 sur la surveillance du SHU chez l’enfant de moins de 15 ans.

Il s’agit dans cet article de présenter « les caractéristiques épidémiologiques des SHU pédiatriques post diarrhée signalés en France en 2014. » Seules quelques données ont été extraites de cet article

Selon l’Insee, la population d’enfants de moins de 15 ans en France se situe autour de 15-16% de la population totale (65 millions d’habitants au 1er janvier 2011), soit autour de 9,75 millions d’habitants.

Caractéristiques individuelles des cas de SHU

En 2014, 66% des enfants étaient âgés de 3 ans et moins (médiane : 29 mois ; extrêmes : 2 mois – 14 ans). Depuis le début de la surveillance en 1996, l’incidence la plus élevée est observée chez les enfants de moins de 3 ans : 2,9/105 en 2014 (tableau ci-dessous). En 2014, 62% des cas notifiés étaient de sexe féminin.

SHU_groupes_age_2014

Incidence du SHU pour 100 000 enfants de moins de 15 ans par groupe d’âge. France, 2014.

Caractéristiques cliniques des cas de SHU

En 2014, 86% (101/117) des enfants ont présenté une diarrhée, sanglante pour 45% (45/101) des cas. Un décès a été notifié suite à un SHU en 2014.

Caractéristiques microbiologiques des cas de SHU

Au total une infection à EHEC a été mise en évidence pour 98 (84%) des cas.

Comme les années précédentes, le sérogroupe O157 était le plus fréquent (38% ; 37 des 98 cas avec une infection à EHEC confirmée, dans un cas il s’agissait d’une coinfection avec d’autres sérogroupes). Seize pour cent des cas avec une infection confirmée étaient positifs pour le sérogroupe O26 (coinfection avec un autre sérogroupe dans 6 cas), 11% pour le sérogroupe O80 (1 coinfection), et 7% pour le sérogroupe O55. Une multicontamination a été identifiée chez 7 enfants.

Les principaux sérogroupes d’EHEC « non-O157 » responsables de SHU chez l’enfant depuis 1996 sont : O26, O121, O111 et O80. Depuis le début des années 2000, on observe une part croissante des cas de SHU identifiés en France associés aux sérogroupes non-O157 (1996-2004 : 28% ; 2005-2014 : 56%). En particulier, après le sérogroupe O157, les sérogroupes O80 et O26 ont été les plus fréquemment mis en évidence en France en 2014, représentant respectivement 18% et 16% des souches isolées dans les selles.

Sur l’origine ou les causes de ces SHU, on ne saura pas plus que ce qui suit, « Les cas de SHU sont notifiés à l’Institut de veille sanitaire, coordonnateur du réseau, par l’envoi d’une fiche renseignant des informations cliniques, microbiologiques et épidémiologiques (expositions à des facteurs de risque alimentaires ou environnementaux classiques). »

Parmi les conclusions, les auteurs notent que « Les caractéristiques épidémiologiques des cas de SHU pédiatriques notifiés en 2014 sont similaires à celles observées depuis 1996 : survenue majoritairement sous forme sporadique avec recrudescence estivale. »

Ronde des rappels, semaine 41 de 2015

9
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec la « Ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2015.1246, Escherichia coli producteurs de shigatoxines (stx1+ dans 25g) dans du fromage au lait cru de France il s’agit de Roquefort). Alerte notifiée par l’Allemagne. Distribution Allemagne, Belgique mais aussi en Suisse même si la Suisse n’est pas notée dans l’alerte comme pays ayant reçu le produit. Ce rappel a été signalé la semaine dernière dans Ronde des rappels, semaine 40 de 2015. On lira le communiqué de rappel en Allemagne et donc aussi en Suisse.
  • Référence RASFF 2015.1245, risque de casse de bouteilles de vin de France. Alerte notifiée par les Pays-Bas. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification, mais tout de même un communiqué de rappel aux Pays-Bas. Il s’agirait du produit ‘IGP’ Comté Tolosan Moelleux blanc 2014, 0,75 cl avec le numéro L3054AA au dos commercialisé par Leroy Chevalier (Blanquefort) et vendu chez Lidl Pays-Bas.
  • Référence RASFF 2015.1243, morceaux de verre dans des crèmes glacées de France. Alerte notifiée par le Danemark. Rappel demandé.

Information collectée pour la semaine 41 de 2015 à la date du 9 octobre 2015.

Au 9 octobre 2015, il y a eu 62 alertes notifiées au RASFF pour des produits d’origine France contre 69 en 2014.

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  • Rappel aux États-Unis

Whole-Foods-Roquefort-label-300x225Whole Foods rappelle du Roquefort bio Papillon pour cause de risque de Listeria, source Food Safety News du 8 octobre 2015.

Whole Foods Market rappelle le fromage Roquefort Papillon bio vendus dans tous ses magasins à l’échelle nationale qui provenait de son fournisseur, car il est potentiellement contaminé par la bactérie Listeria monocytogenes.

Le fromage rappelé a été découpé et emballé dans un film plastique transparent et vendu avec un étiquetage de chez Whole Foods Market. Whole Foods a décidé de rappeler le fromage après qu’un prélèvement de routine mené par la Food and Drug Administration des États-Unis a retrouvé Listeria monocytogenes dans un fromage entier non découpé.

Le produit de fromage Roquefort Papillon bio peut être identifié par un étiquetage qui commence par PLU 029536. Toutes les dates de vente sont touchées.

Aucun cas de maladie ou d’infection n’a été rapporté à ce jour. Une information est affichée sur les rayons des magasins afin d’aviser les clients de ce rappel, et tous les produits touchés ont été retirés des rayons.

Ronde des rappels, semaine 40 de 2015

2
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec la « Ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2015.1235, colorant E 127 non autorisé, érythrosine dans des flans aux fraises du Maroc. Notification d’information par l’Italie. Distribution France, Italie.
  • Référence RASFF 2015.1231, norovirus (GI, GII) dans des huîtres vivantes de France. Alerte notifiée par l’Italie. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.1230, moutarde (>13,5 mg/kg) non déclarée dans des cornichons en bocal de verre d’Allemagne. Alerte notifiée par l’Allemagne. Distribution en France, rappel aux consommateurs demandé.
  • Référence RASFF 2015.1223, Bacillus cereus (22000 ; 12000 ; 28000 ; 220000 ; 37000 ufc/g) dans des champignons noirs séchés de Chine, via Hong Kong. Alerte notifiée par la France. Distribution Belgique, France, Espagne. Voir ces deux articles 1 et 2.

Information collectée pour la semaine 40 de 2015 à la date du 2 octobre 2015.

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Des nouvelles du RASFF :

En 2015, au 30 septembre, selon le RASFF, il y a eu 59 notifications d’alerte au RASFF (69 en 2014, 57 en 2013, 48 en 2012, 72 en 2011) pour des produits d’origine France, dont 44 pour la présence de micro-organismes pathogènes (48 en 2014, 36 en 2013, 23 en 2012, 28 en 2011).

En 2015,

  • 25 notifications d’alerte ont concerné du lait ou des produits laitiers comme des fromages pour la présence de Listeria monocytogenes (n = 15), Salmonella (n= 6), STEC (n= 4), entérotoxine de Staphylococcus aureus (n = 1). Le total est supérieur à 25 notifications car une alerte concernait un fromage qui avait à la fois Listeria et Salmonella. En 2014, il y a eu 25 notifications d’alerte, mais la répartition a été assez différente : Listeria monocytogenes (n = 10), STEC (n= 10), Salmonella (n= 5).
  • 9 notifications d’alerte concernant des poulets ou des produits de volaille concernant exclusivement la présence de Salmonella.
  • 5 notifications d’alerte concernant des huîtres contaminées par norovirus et des micro-organismes pathogènes.
  • 4 notifications d’alerte concernant de la charcuterie, avec la présence de Salmonella ou de Listeria.
  • 2 notifications d’alerte concernant des poissons et des produits de la pêche.

Je sais que pour beaucoup, le RASFF c’est n’importe quoi, mais tout de même, il y a comme des signaux d’alerte …

in-einigen-produkten-dieser-kaesesorte-wurden-e-coli-bakterien-gefunden-Mise à jour du 4 octobre 2015Rappel le 2 octobre 2015 en Allemagne de Roquefort de la marque « Grand-Maître » 100 g

Selon le site de rappel des autorités allemandes, le fabricant Vernières Frères rappelle le produit en raison de la détection de bactéries dangereuses (E. coli porteur du gène stx1). Le communiqué fait état de la détection de E. coli producteurs de shigatoxines.

  • Marque: Grand-Maitre Roquefort 100g
  • EAN : 4002156042084
  • DLUO : 23/12/2015
  • Lot : 362 212

Mise à jour du 5 octobre 2015. Communiqué paru sur le site de l’OASV en SuisseDenner rappelle le roquefort, 100g, portant la date de péremption du 23.12.2015. La raison du rappel est que le roquefort avec date de péremption 23.12.2015 contient des bactéries pathogènes E. Coli. Un risque pour la santé ne peut pas être exclu après consommation. Les clients qui ont acheté ce roquefort sont priés de les ramener dans un magasin Denner. Le prix de vente leur sera remboursé.

Deux rappels dans des pays de l’UE et toujours pas de notification au RASFF ?

Un détecteur de toxines alimentaires incorpore un appareil photo

1
oct
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Classé dans Contamination, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Un détecteur de toxines alimentaires incorpore un appareil photo », source ARS USDA du 29 septembre 2015.

Un nouveau système qui intègre un appareil photo numérique afin de détecter des pathogènes responsables de maladies d’origine alimentaire a été développé par des scientifiques du ministère américain de l’agriculture (USDA).

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Photo de Reuven Rasooly

Le coût élevé de l’équipement utilisé pour identifier des pathogènes restreint le dépistage à grande échelle des aliments pour la recherche de toxines causant une intoxication alimentaire, ce qui rend malade des millions d’Américains chaque année. Le nouveau système, mis au point par le chimiste Reuven Rasooly et ses collègues de du Western Regional Research Center de l’Agricultural Research Service (WRRC) à Albany, Californie, mesure l’activité de shigatoxines aussi efficacement qu’une autre technique qui coûte 100 fois plus chère.

Les shigatoxines, produites par Escherichia coli (E. coli) O157:H7, sont une préoccupation majeure pour l’industrie alimentaire. On estime que E. coli O157:H7 provoque 73 000 cas d’intoxication alimentaire et plus de 60 décès aux Etats-Unis chaque année. Il est essentiel d’être capable de déterminer l’activité de la toxine, parce que la forme active constitue une menace pour l’homme, et la forme inactive n’est pas toxique. Cependant, les tests immunologiques actuels ne peuvent pas distinguer les formes active et inactive des shigatoxines.

Le nouveau système peu coûteux permet de distinguer entre les toxines actives et inactives, selon Rasooly. Il implique un appareil photo de 300 dollars et une source d’émission de lumière pour déterminer la toxine biologiquement active. Un fluorimètre, qui est généralement utilisé pour détecter les toxines, coûte environ 35 000 dollars.

Ce projet impliquait la recherche sur la construction d’un système de détection de fluorescence à l’aide d’un appareil photo et une source de lumière pour mesurer la toxicité de la shigatoxine dans le prélèvement alimentaire. Les mesures de fluorescence ont été obtenues en prenant une photo avec un appareil photo et en analysant l’image avec un logiciel informatique gratuit, disponible.

Le système est facile à adapter et peut également être utilisé pour détecter d’autres toxines d’origine alimentaire. En comparaison avec un fluorimètre du commerce servant à détecter la shigatoxine active, les deux méthodes ont le même niveau de détection de la toxine.

Ce type de technologie est un gros plus, surtout pour les pays en développement où le risque de maladies d’origine alimentaire et d’épidémies est plus grand. Il est facile et abordable pour les laboratoires de diagnostic qui ne peuvent pas se permettre d’acheter un fluorimètre pour détecter les toxines alimentaires.