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Les analyses des aliments sont utiles, mais pas elles ne sont pas infaillibles

1
juil
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Classé dans Allergène, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

indian_spices« Les analyses des aliments sont utiles, mais pas elles ne sont pas infaillibles », source article de Richard Lawley du 1er juillet 2015 paru sur son blog Food Safety Watch.

De plus en plus d’analyses sont effectuées sur les produits alimentaires chaque année dans le monde entier. Malgré l’avènement du HACCP, et le quasi-abandon des analyses de contrôle qualité comme un moyen d’assurer la qualité et la sécurité des aliments, l’allongement de la chaîne alimentaire et les préoccupations des consommateurs au sujet de la sécurité sanitaire ont entraîné une augmentation constante du volume des analyses effectuées. Mais les résultats produits par cette activité sont seulement aussi bons que les méthodes utilisées pour les obtenir. Un fait mis en évidence cette semaine par une annonce de la Food Standards Agency (FSA) du Royaume-Uni.

Plus tôt cette année, la FSA a demandé la Bart Ingredients Company de rappeler un lot de cumin moulu, dans lequel des analyses de routine sur les allergènes avaient détecté la présence d’amande non déclaré sur l’étiquetage. La protéine d’amande est un allergène alimentaire reconnu et elle représente un risque pour la santé des personnes sensibles aux amandes. Elle est parmi les 14 allergènes qui doivent être légalement déclarés sur l’étiquetage des aliments. Mais la société a contesté les conclusions et elle a produit ses propres résultats d’analyse qui contredisaient les analyses initiales, de sorte que des analyses ont été commandées à un laboratoire tierce partie.

Ces analyses ont confirmé que la protéine d’amande n’était pas présente. Ce qui était présent était une épice appelée mahaleb, dérivé d’une plante liée à l’amande et qui aurait été manipulé dans la chaîne d’approvisionnement du cumin. Le mahaleb n’est pas un allergène reconnu, donc il n’y avait plus aucune raison pour rappeler le produit. La FSA n’a pas eu d’autre choix que d’annoncer que le rappel avait été annulé. Cette reculade plutôt embarrassante semble être le résultat d’une méthodologie d’analyse insuffisante plutôt que d’une erreur. La méthode de détection des protéines selon la méthode ELISA utilisée pour analyser les protéines d’amande ne peut apparemment pas faire la différence entre l’amande et le mahaleb qui sont très similaires. La recherche pour valider une méthode plus discriminante est maintenant en cours.

Cette histoire a des implications plus larges pour l’industrie alimentaire. Le rappel initial était l’un des nombreux rappels lancés sur les deux côtés de l’Atlantique où des allergènes non déclarés ont été détectés dans les épices. D’autres rappels au Royaume-Uni ont impliqué la présence d’amande dans du paprika, tandis qu’en Amérique du Nord la protéine d’arachide a été détecté dans du cumin moulu, conduisant à des rappels croissant d’aliments utilisant le cumin comme ingrédient. À l’époque, les rappels ont donné lieu à des spéculations sur la falsification potentiel des produits alimentaires de grande valeur avec des substituts moins chers, la fraude alimentaire en d’autres termes. Mais maintenant, il faut se demander à quelle a été la fiabilité des résultats des analyses. Les rappels et les allégations de falsification minent la confiance des consommateurs et peuvent complètement ruiner les entreprises. Donc, elles doivent être fondées sur des preuves précises et fiables. Malheureusement, aucune méthode d’analyse existante n’est fiable à 100%, il suffit de le demander à la FSA, et les résultats peuvent induire en erreur comme cela a été ici le cas. Mais il existe d’autres sources d’information utiles. Le renseignement des personnes sur le terrain aux différents points de la chaîne alimentaire est une de ces sources. Bien que souvent sous-évalué, les observations des personnes ayant connaissance locale réelle peuvent donner un avertissement précoce des problèmes et aider à informer les laboratoires d’analyse. Toute entreprise alimentaire avec un accès à un réseau de ce type peut être beaucoup plus confiant car la fourniture d’ingrédients ne contiendra aucune mauvaise surprise.

NB : En France, plusieurs produits ont été ainsi rappelé récemment pour cause de présence de l’allergène amande

Un rappel de cumin pour cause de présence d’allergène annulé en raison de résultats faux positifs !

30
juin
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Classé dans Allergène, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

imgresDans un article de Cesare Varallo paru le 28 avril 2015 sur son blog Food Law Latest, il était question de « La prochaine fraude alimentaire ? Pire que le « Horsegate » ?

Il était question d’épices pouvant être contaminées par des allergènes, d’où cette question, s’agit-il de faux positifs ?

Comme nous allons le voir dans l’exemple ci-après le rappel et le faux positif a été attribué à un ingrédient le «mahaleb », extrait d’une variété de cerisier.

Est-ce que tous les produits rappelés en France et ailleurs en Europe ont-ils été victimes de cette erreur de laboratoire ? Voir aussi A propos de la présence d’allergènes dans les épices dans l’UE. Nous le verrons bien dans les prochains jours …

Le rappel de Bart Ground Cumin annulé, source Food Standards Agency du 30 juin 2015.

La Food Standards Agency a annulé le rappel d’un lot de cumin moulu par la Bart Ingredients Company. Le produit affecté avait été contrôlé positif pour la présence de protéines d’amande.

Des tests supplémentaires par le Laboratory of the Government Chemist (LGC) a montré qu’une épice appelée mahaleb était présente mais pas la protéine d’amande. Le mahaleb et l’amande sont de la même famille d’arbres et d’arbustes ‘Prunus’. Cependant, le mahaleb n’est pas l’un des 14 allergènes identifiés dans la législation sur les allergènes alimentaires. Il n’y a aucune preuve que la contamination ait été le résultat d’une activité frauduleuse.

Le niveau de protéines d’amande détecté avait été considéré comme un risque pour les personnes souffrant d’une allergie à l’amande. La compagnie a ensuite produit des résultats de tests à partir d’échantillons de la même matière qui contredisait le résultat positif.

Pas d’inquiétude pour le carraghénane dans les préparations pour nourrissons, selon la FAO et l’OMS

30
juin
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Feeding baby bisIl y avait déjà eu un avis du comité scientifique sur les denrées alimentaires de la Commission européenne sur le carraghénane, le 5 mars 2003.

Voici désormais que « Lors de sa réunion des 17 au 26 juin à Genève, le Comité mixte d’experts de la FAO et de l’OMS sur les additifs alimentaires (JECFA) a conclu que l’utilisation du carraghénane dans les préparations pour nourrissons, ou dans les formules à des fins médicales spéciales, à des concentrations jusqu’à 1 000 mg par litre « n’est pas de préoccupation. »

L’organisation de l’industrie des algues, Marinalg International, a dit que l’additif dérivé des algues utilisé pour stabiliser les préparations pour nourrissons « a des effets positifs significatifs sur le produit, dont celui d’assurer que des nutriments vitaux restent stables et disponibles pour les nourrissons. »

Le carraghénane a parfois été lié à des problèmes gastro-intestinaux, mais le JECFA a rapporté que « De nouvelles études ont apaisé les préoccupations antérieures selon lesquelles le carraghénane, qui n’est pas absorbé, peut avoir un effet direct sur l’intestin immature. »

Il a été également analysé la base de données toxicologiques précédente sur le carraghénane qui n’avait pas d’autres préoccupations toxicologiques.

Le rapport a aussi déclaré que le carraghénane à des concentrations supérieures à 2 500 mg par kg « devient très visqueux » dans la préparation, ce qui « affecte négativement l’appétence et la croissance. »

Le comité a reconnu qu’il existe une variabilité des conditions médicales chez les nourrissons nécessitant des formules à des fins médicales spéciales qui contiennent des niveaux élevés de carraghénane, et il a noté que ces enfants seraient normalement sous surveillance médicale.

NB : Article écrit à partir de celui paru dans Food Safety News le 30 juin 2015.

Questions sur l’hygiène des aliments vues par la Commission européenne et les Etats membres de l’UE

29
juin
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, HACCP, Hygiène, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande, Virus, Volaille.

Résumé du meeting du groupe de travail du conseil consultatif de la chaîne alimentaire, de la santé animale et de la santé des végétaux sur les questions d’hygiène des aliments du 28 mai 2015.

NB : Traduction et mise en page de ce document par mes soins. Chaque thème est accompagné d’un document plus ou moins dense que je vous invite à consulter, veille scientifique oblige …

1. Initiatives de l’UE pour faciliter la mise en œuvre du système HACCP dans le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux

Le résultat du projet de l’Office Alimentaire et Vétérinaire sur la mise en œuvre du système HACCP dans le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux a été présenté ainsi qu’une feuille de route pour des initiatives futures. Tout en soulignant l’importance de faciliter la mise en œuvre par les opérateurs alimentaires, au niveau des fédérations et au niveau national, l’accent a été mis sur des initiatives au niveau européen, dont une éventuelle révision du document existant d’orientation de l’UE sur la mise en œuvre de HACCP. Les intervenants représentant les petites et moyenne entreprises ont souligné la nécessité de conserver et de favoriser des dispositions de flexibilité.

Voir le document ici. Il est évoqué notamment une plate-forme HACCP avec un site Internet.

2. Document d’orientation de l’UE sur les bonnes pratiques d’hygiène pour les fruits et légumes

Les intervenants ont été informés des travaux en cours menées par la Commission comme le suivi des cinq avis de l’EFSA émis en 2014 liés aux risques posés par les pathogènes dans les aliments d’origine non animale (1, 2, 3, 4 et 5). Le projet du document d’orientation sur les bonnes pratiques d’hygiène qui a été préparé et a été discuté une première fois dans un groupe de travail restreint en avril 2015. Il couvrira la production agricole de denrées alimentaires d’origine non animale au stade de la production primaire, ciblant les pathogènes évalués par l’EFSA et étendu aux principaux pathogènes.

Il abordera des conseils d’hygiène pour les opérateurs alimentaires. Le débat en cours se poursuivra afin de parvenir à un échange général et une validation par tous les États membres et avec les parties prenantes. Enfin, une fois validé, il sera publié sur le site Internet de la DG SANTE.

Voir le document ici. Un guide serait en préparation.

3. État des lieux et questionnaire sur les conditions de température au cours du transport et du stockage de la viande

Un état des lieux a été fourni à l’EFSA ainsi que d’autres nouvelles preuves scientifiques. Un nouvel avis de l’EFSA devrait être publié d’ici la fin d’octobre 2015. Dans l’intervalle, la Commission consultera les États membres ultérieurement et les parties prenantes sur la mise en pratique et la maîtrise d’éventuelles nouvelles dispositions.

Voir le document ici. Un amendement serait en préparation au Point 3 du Chapitre VII de la section I de l’Annexe III du Règlement (CE) n°853/2004.

4.  Liste des pays tiers et des certificats d’importation pour la gélatine, le collagène, les matières premières (traitées) et certains produits hautement raffinés

Voir le document ici.

5. Résultat du questionnaire sur le marquage multiple de l’identification

Voir le document ici.

6. État d’avancement sur les questions des mollusques bivalves vivants

Voir le document ici.

7. Projet du document d’orientation sur l’application de l’article 14 du règlement (CE) n°178/2002 concernant les aliments contaminés par des STEC

Le résultat du questionnaire aux États membres et le projet actuel de document d’orientation (révision 4) ont été présentés. Les intervenants ont été invités à fournir des commentaires par écrit. Des arbres de décision sont proposés.

Voir le document ici. Des lignes directrices au niveau de la distribution seraient en préparation.

8. (BEUC) : État d’avancement sur Campylobacter et l’inspection de la viande de volailles

La Commission a indiqué que la maîtrise de Campylobacter est une haute priorité pour le Cabinet. Le mois prochain, les États membres et les parties prenantes seront consultés sur une approche intégrée sur la maîtrise de Campylobacter dans l’optique de la révision de l’inspection des viandes de volaille ainsi qu’une possible autorisation de décontamination.

Voir le document ici. Plusieurs États membres ont semble-t-il mis en place une maîtrise de Campylobacter. Lesquels, on ne le saura pas.

9. (Eurogroup for Animals) : Implicatio des vétérinaires officiels et du personnel de l’abattoir dans inspection à l’abattoir dans la révision du règlement relatif aux contrôles officiels

La Commission a déclaré que le rôle des vétérinaires officiels n’a pas changé et que le vétérinaire officie restera responsable de l’inspection ante et post mortem. Dans le même temps, la participation du personnel de l’abattoir est déjà prévu par le règlement (CE) n°854/2004.

Voir le document ici qui comprend la liste des fédérations et associations professionnelles et de consommateurs.

Boire beaucoup de bière augmente l’exposition aux mycotoxines, selon une étude espagnole

27
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

contes_d_un_buveur_de_biere_2477-550x650Je ne sais pas si cela fait partie des « recommandations de l’Anses pour bien supporter les fortes chaleurs », encore que boire une petite bière soit parfois très agréable, mais selon une étude espagnole, « Boire beaucoup de bière augmente l’exposition aux mycotoxines »

Des chercheurs de l’université de Valence ont analysé les mycotoxines produites par certains champignons microscopiques dans la bière et les fruits secs, comme les figues et les raisins secs, confirmant que ces produits répondent à la réglementation sur les denrées alimentaire. Seuls les gros buveurs de bière, qui boivent plus d’un litre par jour, la contribution à ce produit à la dose journalière est pas négligeable, approchant ou dépassant même le niveau de sécurité sanitaire.

Les mycotoxines sont des métabolites toxiques produits par des champignons qui contaminent les fruits, les céréales et les produits dérivés. Des scientifiques de l’université de Valence ont analysé les mycotoxines du genre Fusarium dans 154 marques de bière présentes sur le marché européen.

Les résultats, publiés dans la revue Food Chemistry, confirment que l’exposition du consommateur moyen à ces toxines est faible et qu’elle ne comporte aucun risque toxicologique associé. Même les deux plus abondantes mycotoxines, le déoxynivalénol ou DON, qui est présent dans près de 60% des échantillons, et le la toxine HT-2 présente dans 9% des cas, sont présents à « des niveaux qui ne peuvent pas être considérés comme élevé », comme le rapportent à SINC, Houda Berrada et Yelko Rodríguez du département de médecine préventive de l’université de Valence et co-auteurs de l’étude.

Beber-mucha-cerveza-aumenta-la-exposicion-a-las-micotoxinas_image_380Les concentrations moyennes de DON et de HT-2 détectées dans les bières ont été proches de 30 µg/L. Il n’y a aucune limite maximale légale de mycotoxines dans ces boissons, mais en général, cette valeur est faible par comparaison avec la limite maximale de DON établie par la législation de l’UE pour les aliments à base de céréales et fixés à 200 µg de DON par kg.

Ainsi, l’étude souligne que, chez les personnes qui boivent beaucoup de bière, la contribution de ces substances nocives à la dose journalière « n’est pas négligeable, approchant ou dépassant même les niveaux de sécurité sanitaire ». La dose journalière admissible (DJA) maximale établie provisoirement par le Comité scientifique sur les aliments, une organisation qui conseille la Commission européenne, est considérée comme une référence.

« Considérant que la consommation d’une quantité d’un litre par jour des marques de bière qui ont montré les niveaux de contamination les plus élevés, l’apport de déoxynivalénol seraient équivalents à 60% de la DJA maximale, et le niveau de sécurité pour la toxine HT-2 serait dépassé », fait remarquer Berrada.

La chercheuse insiste pour dire que ces types de consommateur sont exceptionnels, et même si quelqu’un boit un litre de bière par jour, « avant d’avoir des problèmes liés à la toxicité des mycotoxines, il ou elle aurait d’autres problèmes, comme des problèmes de foie. »

L’étude révèle que la consommation de bière varie beaucoup entre les pays européens. Pour la population espagnole, la FAO constate qu’elle est 75,3 kg/an, comparativement à la moyenne européenne qui est de 70,1 kg/an (équivalent à environ 0,19 L/jour). Selon les chiffres de cette institution, l’Irlande est le pays où l’on boit le plus de bière (142,8 kg/an), suivie par la République Tchèque (136,6 kg/an) et l’Autriche (107 kg/an).

NB : Photo de SINC.